Affaire Julie : « À chaque fois qu’on arrive à faire avancer les droits des femmes, c’est surtout grâce à la mobilisation »

PODCAST. « Ils étaient vingt ». Cette histoire, c’est celle de Julie. Elle accuse vingt pompiers de l’avoir violée de ses 13 ans à ses 15 ans. Aujourd’hui, elle en a vingt-cinq. Elle attend que justice soit faite, que ce qu’elle a subi soit reconnu. Dans cet épisode, la sénatrice Laurence Cohen revient sur la mobilisation qui entoure l’affaire.

Ce troisième et dernier épisode, intitulé « L’éveil des consciences », évoque la mobilisation créée autour de l’affaire Julie. Depuis dix ans que l’instruction dure, la famille de la jeune fille et des associations féministes se mobilisent pour faire connaître cette histoire au grand public.

Corinne Leriche, la mère de Julie, a lancé en septembre 2019 une pétition en ligne pour mobiliser l’opinion publique et faire pression sur les juges. Cette pétition recueille aujourd’hui près de 248.000 signatures. Des actions coup de poing et des rassemblements sont également régulièrement organisés. Nous nous sommes rendues à l’un d’eux, le 7 février dernier.

Une mobilisation de la société

Lors de ce rassemblement, nous avons croisé Laurence Cohen. La sénatrice communiste a analysé le rôle de la mobilisation autour de cette affaire : « Le fait que cette affaire ait été rendue publique permet une mobilisation. Elle permet de mettre en accusation les verdicts tels qu’ils ont été rendus. À chaque fois que l’on veut faire progresser les droits et singulièrement les droits des femmes, ça se fait toujours par la mobilisation des associations de terrain, des militantes, des militants, des progressistes, des syndicats. C’est toujours ça qui va faire bouger les lignes. » Pour elle, cette mobilisation met en avant une sensibilité plus grande de la société pour la parole des victimes.

« C’est vrai que par rapport aux droits des enfants, les mobilisations ont été plus faibles ou en tout cas différentes. Là aussi il y a une prise de conscience des violences faites aux enfants. Là aussi ça a a bougé », ajoute-t-elle. Le 21 janvier 2021, la proposition de loi de la centriste Annick Billon qui fixe un seuil d’âge de non-consentement à 13 ans, a été adoptée à l’unanimité par le Sénat.

Le Sénat a alors pressé le gouvernement d’inscrire au plus vite cette proposition de loi à l’Assemblée nationale. Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a mis en garde contre toute précipitation, avant de revenir sur ses propos le 9 février dernier. Sur le plateau de France 2, il s’est engagé pour que ce seuil soit finalement relevé à 15 ans. « Le principal c’est vraiment de protéger les victimes. De se mettre du côté des victimes et pas du côté des bourreaux. Finalement, je pense qu’on avance petit à petit sur ce chemin », conclut Laurence Cohen.

L’épisode est à écouter ici :

Les précédents épisodes sont disponibles ici.

Le podcast « Ils étaient vingt » a été écrit et réalisé par Elisa Fernandez et Aurélie Loek.

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