Affaire Julie: « Julie a été confrontée à des enquêteurs qui n’ont absolument pas voulu entendre ce qu’elle disait »

PODCAST. « Ils étaient vingt ». Cette histoire, c’est celle de Julie. Elle accuse vingt pompiers de l’avoir violée de ses 13 ans à ses 15 ans. Aujourd’hui, elle en a vingt-cinq. Elle attend que justice soit faite, que ce qu’elle a subi soit reconnu. Dans ce premier épisode, retour avec son avocate, Lorraine Questiaux, sur son dépôt de plainte et sa première confrontation à la justice.

Dans « Ils étaient vingt », nous retraçons l’affaire Julie, du nom de cette jeune fille qui accuse une vingtaine de pompiers de l’avoir violée de ses 13 à ses 15 ans. A travers cette affaire, toujours en cours d’instruction, nous souhaitons interroger la manière dont la justice prend en charge les victimes de viols. Comment juge-t-on les affaires de viol en France? Quelle place donne-t-on à la notion de consentement, à la parole de la victime et à celle de l’accusé?

Dans le premier épisode intitulé « La plainte », Lorraine Questiaux, l’une des avocates de Julie (pseudonyme choisi par la famille), fait le récit de cette affaire. Elle dénonce également la manière dont le dépôt de plainte s’est déroulé: « Le policier qui va l’entendre va tout faire en sorte pour garantir l’impunité des agresseurs. C’est-à-dire qu’il va caler sa vision personnelle, en tant que policier mais aussi en tant qu’homme. Il va être en dehors de sa mission de policier. Pour moi c’est constitutif d’une faute lourde. Il va coller sa propre perception du viol et la substituer à celle du code pénal. »

En France, en 2018, le ministère de l’Intérieur enregistrait au total 18.800 victimes de viols. La même année, seules 1.269 infractions de viol ont été sanctionné. Soit, pour 100 victimes de viol enregistrées, un peu moins de 7 infractions de ce type condamnées.

« Ça vient fragiliser une procédure. Après c’est quelque chose qui peut tout à fait être rattrapé. Si l’ensemble des autres protagonistes du système judiciaire avait eu un bon comportement ou avait tout simplement appliqué la loi, ils se seraient dit “bon très mauvaise audition, réentendons”, parce que c’est pas comme si Julie n’avait pas été réentendue par la suite. Éventuellement, la procédure aurait pu prendre un autre tour et s’améliorer », raconte ainsi Lorraine Questiaux.

L’épisode est à écouter ici :

Le podcast a été écrit et réalisé par Elisa Fernandez et Aurélie Loek.

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